
Thaïs
Bien que le soleil ne soit pas encore levé, quelle surprise de voir que Saint-Ouen baigne déjà dans la lumière. Cette veille a plutôt été pour moi l’occasion de voir s’éteindre des lumières, de voir ceux qui partent. J’ai pris goût à scruter les immeubles et à voir une par une les fenêtres s’éteindre. Laissant place à l’improvisation de mon imaginaire pour savoir où étaient partis ses habitants qui quittaient leurs cocons.
Voir ceux qui partent, ça aussi était pour moi, observer tous les oiseaux résidant dans nos villes bien bruyantes, restant la plupart du temps invisibles. Je les ai accompagnés pour leur petit déjeuner, car très animés au début de ma veille, les buissons de baies avaient été désertés à la fin de celle-ci !
Observer ceux qui partent, c’était aussi prêter un regard tendre sur tous les passants qui, à l’orée du jour, s’étaient déjà mis en mouvement, s’étaient déjà inscrits dans la ville. Au cœur de l’objet abri, j’étais la spectatrice de ce bal de vie où l’architecture, les oiseaux et les passants, ne le savaient pas, mais moi j’étais là pour eux.