
Sonia
C’est passé tellement vite. J’avais l’impression que seules 30 minutes s’étaient passées lorsque mon accompagnateur a toqué à la porte. Ce n’était pas du tout comme je l’avais imaginé. J’avais tout d’abord pensé que nous serions sur un perchoir planté au sommet d’une falaise, dans une position de guetteur méditatif, au milieu de la nature, avant qu’on ne nous explique le projet. En réalité, nous sommes en plein milieu de la ville, de la Cité, à la fois dedans et dehors, car le cadre lumineux ferme et ouvre à la fois une porte, ou une fenêtre, sur le monde. Nous sommes à la fois exposés et protégés, dans un cocon chaud et cosy, mais en même temps, même si la plupart des passants ne prêtent aucune attention à nous dans une position de vulnérabilité car eux peuvent s’échapper du cadre, pas nous. 3 petites filles dans le jardin partagé m’ont vue et se sont chuchoté quelque chose en m’observant, puis se sont éloignées. Au final, tant de choses se passent sous nos yeux en une heure de temps que je n’ai pas eu le temps de retenir tous les détails, ni même d’explorer tout le programme que je m’étais fixé pour occuper mon esprit pendant cette heure, que j’imaginais passer de manière douloureusement lente...
Mais tout de même, les 2 axes de ma réflexion ont été pour l’un tournés vers le dehors, pour l’autre, tournés vers mon fort intérieur (comme un fort, comme cette boite), en réfléchissant à un problème sentimentalement éthique, ou éthiquement sentimental. La veille, c’est à la fois sur les autres, la Ville, le monde, mais aussi sur soi-même. Prendre ce temps pour soi et s’extraire du monde, même si c’est impossible, et c’est tout le paradoxe de cette boite. Quelle expérience intéressante !