
Marie
Je veille dans un endroit que j’ai un peu connu, mais le ciel est si bas, et puis je me sens ailleurs.
Déjà l’obscurité tombe, alors qu’on est encore tôt.
Un jour, on a décidé en haut lieu de changer l’heure, ce qui fait qu’on avance ou recule selon les saisons. Curieuse cette heure qui se balade. Et voilà qu’une heure m’est offerte, rien qu’à moi.
Immobile, je laisse mon esprit s’apaiser, face à la nature. Parfois, je sens mes épaules, mon dos gémir. Tout ce que j’ai transporté dans la journée a dû alimenter les fourmis qui me transpercent.
Mon sac déposé maintenant hors de l’abri, j’examine son contenu. Mes pensées zigzaguent entre les carnets, livres, trousses, clés, stylos, maquillage, téléphone. Avais-je vraiment besoin de toutes ces choses ?
Une heure seule, et voilà, que je m’égare dans une besace, à l’abri, hors de l’abri. Ça doit être le mauvais temps qui me renferme dans mes pensées.
Heureusement le soleil couchant fait une trouée flamboyante à travers les nuages. L’apothéose avant de se noyer et disparaitre.
L’abri est l’endroit idéal pour lâcher son sac.