
Manon
Gouttes qui gouttent.
Il y en avait des milliers sur la vitre.
Et puis, le regard s’adapte, les observe parfois ou les oublie tout à fait.
Lorsque je suis arrivée vers les Docks, il pleuvait.
J’avais peur de ne rien voir d’autre que des nuages gris. La nature m’a surprise : Jean-François m’avait prévenue, il y a toujours des couleurs.
D’abord, c’était un bleu sombre, un peu triste, surtout silencieux.
Puis le jour s’est éveillé.
J’ai veillé sur le jardin humide, sur les 3, 4... oiseaux qui dansaient dans le ciel, sur la Défense encore ensommeillée, sur l’homme au gilet orange qui veille à la propreté de la ville de Saint-Ouen, sur les passagers de l’avion faiblement éclairés par le soleil qui se levait, enfin (etc).
Tout était doux, paisible.
Le froid pouvait bien me geler les jambes, je n’en avais cure.
La Veilleuse ne cèderait pas
Alors j’ai commencé par chanter, puis à décrire par brides à voix haute, tout ce que je percevais, puis le silence a peu à peu envahi le cube de bois.
J’en repars remplie, apaisée, éveillée et avec trois mots que je garderai sur la langue en repensant à cette heure de veille :
gouttes qui gouttent.