Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Maelenn

samedi 15 novembre 2025 à 07 h 59

J’ai par­ti­cu­liè­re­ment aimé cette expé­rience, que j’ai vécue comme une véri­ta­ble moment d’apai­se­ment. Je pense que j’avais d’autant plus besoin de ce moment de déconnexion et de Calle que je sor­tais de deux semai­nes de par­tiels par­ti­cu­liè­re­ment éprouvantes et sol­li­ci­tan­tes. A tra­vers ce moment où rien ne m’était demandé si ce n’est de pro­fi­ter de l’ins­tant pré­sent, j’ai donc enfin eu l’oppor­tu­nité de m’accor­der du temps pour moi, ce qui m’a permis de lais­ser der­rière moi le stress des jours pré­cé­dents. J’ai adoré l’idée de savoir que pra­ti­que­ment per­sonne ne savait où j’étais ou ce que je fai­sais, ce qui à lais­ser place au silence et à l’inac­tion, leur pré­fé­rant une sti­mu­la­tion cons­tante qui en vient à m’empê­cher de penser. Ici, rien ne pou­vait per­tur­ber mon flot de pen­sées qui étonnamment, en voyant qu’il avait la pos­si­bi­lité de s’expri­mer, a para­doxa­le­ment ralen­tit sin débit pour me lais­ser plei­ne­ment contem­pler le pay­sage. Paysage qui durant une heure a cons­ti­tué la seule maté­ria­li­sa­tion du monde exté­rieur, qui pour une fois s’incar­nait donc plei­ne­ment e non à toute vitesse dans l’élan d’une jour­née, ou par le biais d’un écran o d’un livre. Durant une heure, le monde se résu­mait donc à un trip­ty­que assez inso­lite : le pay­sage, l’objet-abri et ma per­sonne. J’ai aussi remar­qué dans le pay­sage des choses que je n’avais pas vues en temps normal. J’ai déve­loppé un lien concret avec le lieu de l’objet-abri, et là où d’habite on habite le lieu où l’on se trouve, j’avais ici plutôt l’impres­sion que cette rela­tion était basée sur du don­nant-don­nant et que lui aussi m’habi­tait. Enfin, j’ai réussi à me recen­trer sur moi et me suis rendue compte que le fait de ne pas avoir à inte­ra­gir me don­nait à décou­vrir d’autres moyens d’expres­sion comme par exem­ple celui de la res­pi­ra­tion.

Je suis donc ravie de cette expé­rience et à vrai dire assez fière d’avoir réussi à rele­ver ce pari, car s’il m’exci­tait, il me fai­sait tout de même un peu peur puis­que je savais qu’une fois dans l’objet-abri, je n’avais plus la main sur rien Or, c’est jus­te­ment ça que j’ai appré­cié et que je retien­drai : le fait d’être "contrainte" à la non-contrainte.

Partager sur :