Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Laurent

mardi 18 novembre 2025 à 16 h 07

Un pay­sage sans oiseau, et pour­tant un jardin en bas de l’abri. Les
jar­di­niers y arri­vent quand le soleil com­mence à se cou­cher, sor­tent-ils
du tra­vail comme aux temps passés ?
Enfermé dans une boîte avec un hori­zon limité, avec les bruits de la
ville, klaxons, sirè­nes de police, enfants et parents pas­sant der­rière
l’abri, fumée blan­châ­tre au loin dont on se demande d’où elle sort,
chauf­fage urbain, inci­né­ra­teur, usine ?
Que peut-on récol­ter en cette mi-novem­bre : un ou une jar­di­nière arra­che
des gran­des feuilles, épinards ? Le jardin sert aussi d’escale à une
jog­geuse de noir vêtu che­veux com­pris : quoi est assorti à quoi ?
On ne remar­que pas de signe de vie sur les bal­cons des immeu­bles de
loge­ments. Il est vrai que la plu­part des gens s’en ser­vent de débar­ras,
on n’est pas dans le midi, on ne vit dehors que sur les ter­ras­ses de
bis­trots et res­tau­rants, ici.
Dans l’abri, je ne me sens ni isolé ni pri­son­nier. Simplement
obser­va­teur d’une heure de vie des cen­tai­nes de per­son­nes enfer­mées dans
les murs de l’immeu­ble de bureaux à gauche et de ceux de loge­ments en
face.
Combien m’ont vu tenter de les obser­ver, ima­gi­ner ce qu’ils font et
vivent ? Qui a observé qui ?

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