
Karine
Veiller, observer, rendre présente la Nature, les oiseaux. Voir le vent dans les arbres, les feuilles murmurer, les rosaces des jardins tournoyer. Être présente pleinement face aux jardins partagés, face aux immeubles de Saint-Ouen depuis cette petite cabane en bois suspendue, éclairée, modeste, et pourtant enveloppante et chaleureuse. Un couloir encadré de petites lumières se reflètent en un cadre devant la Nature, encadrant les jardins. Sentir son corps, ses bras, ses doigts de pied au bout d’un moment. Bras, épaules, mains, pieds devenir lourds, s’affirmer, se manifester devant ce miroir ouvert sur des jardins partagés visités par des pies, des perruches vertes, des hommes et des femmes cherchant la quiétude, le calme, la sérénité. Derrière le bruit de la ville, les klaxons, les voitures. Devant la Nature, le pépiement des oiseaux.
Le ciel blanc au début finit bleuté à la tombée de la nuit. Mes paupières s’alourdissent le dernier quart d’heure. Je veille tant bien que mal, immobile, faisant parfois des allers-retours, toujours à l’affût des couleurs, des mouvements, des silhouettes et des formes étranges. Je reste face au paysage, comptant les immeubles de leurs formes écharpées. J’ai aimé ce moment tranquille, nu, sans finitures, sans écran. J’ai suivi parfois les lignes du sol, touché le bois rassurant de la cabane éclairée. Merci pour cette respiration enchantée dans un quotidien effervescent !