Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Gaelle

jeudi 13 novembre 2025 à 07 h 56

J’ai tou­­jours aimé me lever avant le jour. La séré­­nité et la lumière dorée qui bai­gnent le calme de l’aube sont un ancrage qui me com­­plète.
Ce matin j’ai long­­temps suivi le ruban sombre de la Seine, en crai­­gnant, d’être en retard. Mais les rues et les feux ont été de mon côté. Je suis arri­­vée à l’heure.
La cabane de l’objet est une boîte à ques­tions : à quel point l’envi­­ron­­ne­­ment coo­­père avec le veilleur ? Pourquoi ce matin ne serait-il comme aucun autre ? À mesure que le jour, de rebond en rebond, se dif­fuse, je vois dif­­fé­­rem­­ment : les dégra­­dés des murs, les angles des bal­­cons qui s’affû­­tent, l’immeu­­ble criard qui mur­­mure. Je me contem­­ple dans le reflet de la vitre, je veille sur tous, y com­­pris sur moi : étrange sen­­sa­­tion­­na­­lisme de veiller sur ma sil­­houette impri­­mée dans le pay­­sage. Je suis parmi tous et isolée de tous.
Ce qui m’a frappé en pre­­mier ? L’odeur du bois.
Ce que j’ai fait en pre­­mier ? Regarder bien sûr mais sur­­tout regar­­der la boîte : le cadre de lumière qui dirige le regard, les plan­­ches, le bois, les nœuds, le sol et puis la lumière, la lune. On cher­­che les points de réfé­­rence et ceux qui chan­­gent de temps en temps. Qu’est-ce qui reste ? Qu’est-ce qui appa­­raît ? Disparait ? Réapparait ?
La fin a été trop rapide. Le temps a été trop court.
Cette cabane-objet est magni­­fi­­que. J’ai choisi de vous donner mon temps, vous avez choisi mon regard. Immanence et per­­ma­­nence. Merci pour l’expé­­rience !

Partager sur :