
Gaelle
J’ai toujours aimé me lever avant le jour. La sérénité et la lumière dorée qui baignent le calme de l’aube sont un ancrage qui me complète.
Ce matin j’ai longtemps suivi le ruban sombre de la Seine, en craignant, d’être en retard. Mais les rues et les feux ont été de mon côté. Je suis arrivée à l’heure.
La cabane de l’objet est une boîte à questions : à quel point l’environnement coopère avec le veilleur ? Pourquoi ce matin ne serait-il comme aucun autre ? À mesure que le jour, de rebond en rebond, se diffuse, je vois différemment : les dégradés des murs, les angles des balcons qui s’affûtent, l’immeuble criard qui murmure. Je me contemple dans le reflet de la vitre, je veille sur tous, y compris sur moi : étrange sensationnalisme de veiller sur ma silhouette imprimée dans le paysage. Je suis parmi tous et isolée de tous.
Ce qui m’a frappé en premier ? L’odeur du bois.
Ce que j’ai fait en premier ? Regarder bien sûr mais surtout regarder la boîte : le cadre de lumière qui dirige le regard, les planches, le bois, les nœuds, le sol et puis la lumière, la lune. On cherche les points de référence et ceux qui changent de temps en temps. Qu’est-ce qui reste ? Qu’est-ce qui apparaît ? Disparait ? Réapparait ?
La fin a été trop rapide. Le temps a été trop court.
Cette cabane-objet est magnifique. J’ai choisi de vous donner mon temps, vous avez choisi mon regard. Immanence et permanence. Merci pour l’expérience !