Témoignages

Année #3

Grand Parc de Saint-Ouen, du 15/12/24 au 15/12/25

Flora

vendredi 14 novembre 2025 à 07 h 58

L’odeur du bois est la pre­mière chose qui m’a frap­pée end entrant dans l’objet-abri. Puis sa cha­leur, puis son acous­ti­que, et enfin le cadre de lumière qui se reflète dans la vitre. En une heure, on a bien le temps d’obser­ver chaque sen­sa­tion, écouter tous les bruits, res­sen­tir chaque partie du corps. Ce matin était plutôt calme dans les jar­dins pota­gers. Un ciel gris de novem­bre, pas de pluie ou de vent pour l’animer. Heureusement, une per­sonne sur le ter­rain de basket a choisi cette heure-ci pour s’entrai­ner. Difficile de le rater avec son haut rouge, j’ai vécu avec lui, sans qu’il le sache, ses décep­tions aux paniers ratés et ses vic­toi­res.
Un des aspects qui a été le plus dur pour moi dans cette veille aura été de ne pas bouger. Dans cet abri si grand, avec sa belle lumière, seule, on se croi­rait à la fois dans l’inti­mité de sa cham­bre et sur une scène face un immense public. Là les exer­ci­ces pour tra­vailler sa pré­sence furent utiles.
J’ai l’impres­sion d’avoir appris à connaî­tre cette ville dif­fé­rem­ment. Moi qui n’habite pas là, et qui n’y suis pacsée que quel­ques cour­tes fois, je serai main­te­nant liée à cette ville d’une cer­taine manière. Entre les tra­jets de métro et RER, les trot­toirs foulés au pas de course, notre rap­port aux enfants dans les­quels on évolue est par­ti­cu­lier. On les tra­verse sans regar­der, alors cette expé­rience aura su re-ancrer le corps dans l’espace et dans le pré­sent.
Il est main­te­nant l’heure pour moi de com­men­cer cette jour­née, après un moment qui m’a semblé long et contrai­gnant au début (dans mon envie de bouger et faire mille choses), mais qui fût fina­le­ment bien rapide à la fin.
Merci pour l’expé­rience, j’ai été ravie de par­ti­ci­per à cette longue chaîne de veilleurs et de veilleu­ses. J’espère que ce projet conti­nuera par­tout pour que tout le monde puisse se ré appro­prier sa ville.

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