
Emma
Au début, c’est un peu flou. Pas seulement à cause de la fine buée qui s’est déposée sur la paroi vitrée, mais parce qu’on ne sait plus vraiment si l’on est dans le décor ou en dehors. Est-ce que l’on veille sur la ville ou est-ce que la ville veille sur l’abri, qui veille sur nous ? Puis le jour se lève, les nuages passent et les ombres glissent, révélant chaque détail, chaque mouvement, chaque nouvel instant. On se demande ce qu’il se passe derrière chacune de ces fenêtres, on imagine les premiers rayons du soleil hivernal se poser sur ceux qui les habitent, ces fenêtres. Quand on ne sait plus compter le temps qui passe, c’est comme s’il n’existait plus : on ne sait plus compter le temps qui passe, c’est comme s’il n’existait plus : on le retrouve dans chaque mouvement, chaque couleur, chaque lumière. Puis c’est la fin de cette veille, chaque élément de paysage a pris sa place dans cette nouvelle journée : les bâtiments, les passants, le végétal et les oiseaux, le bruit des pas des habitants du parc.