
Charline
Prendre un temps pour s’arrêter, respirer. Prendre conscience que tout est en mouvement. A commencer par moi. Même si étant immobile, les battements de mon coeur, les micro-mouvements de ma cage thoracique, le léger balancement pour équilibrer le poids sur les pieds, presque imperceptibles. Les arbres non plus ne sont pas totalement immobiles. La sève circule, les feuilles tombent. Le plus beau spectacle de mouvement ce matin c’était les oiseaux qui l’offraient. Perruches, moineaux, pies, merles, corneilles pigeons, mésanges, iels m’ont fait de superbes danses. Observer en périphérie les quelques tâches de couleurs qui se déplacent en courant. Le jardinier qui attrape sa bêche pour retourner la terre et préparer l’hiver. Il m’aperçoit et me salue de la main. Je romps l’immobilité pour lui envoyer un large sourire. J’ai veillé sur le jardin, le sien mais aussi celui des oiseaux. Peut-être maintenant un peu le mien. Je laisse une feuille de ginkgo en souvenir du temps qui passe et nous rappelle que nous sommes vivant·es.